Senior actif découvrant une nouvelle compétence cognitive dans un environnement lumineux
Published on May 15, 2024

La véritable clé de l’anti-âge cérébral n’est pas de répéter des activités familières comme les mots croisés, mais de soumettre son cerveau à un défi constant et nouveau qui le force à créer de nouvelles connexions.

  • La routine mène à un “effet de plateau” où le cerveau ne progresse plus, anesthésiant sa plasticité.
  • La nouveauté et l’effort, que ce soit via une langue, un instrument ou l’informatique, activent la neurogenèse et augmentent la “réserve cognitive”.

Recommandation : Choisissez une compétence qui vous sort de votre zone de confort et qui impose ce que les neurosciences appellent une “surcharge cognitive progressive” pour des bénéfices durables.

L’entrée dans la retraite est souvent perçue comme un repos bien mérité, une période pour ralentir et profiter de ses passe-temps. Si cette vision est séduisante, elle occulte une vérité fondamentale sur notre biologie : le cerveau, tout comme un muscle, s’atrophie sans exercice. De nombreuses personnes se tournent alors vers des activités réputées stimulantes comme les mots croisés ou le sudoku, pensant bien faire. Or, ces routines, une fois maîtrisées, deviennent des automatismes qui ne sollicitent que très peu nos capacités d’adaptation.

Le véritable enjeu pour préserver son agilité mentale ne réside pas dans la simple occupation, mais dans la stimulation active et ciblée. Mais si la clé n’était pas dans la répétition de ce que nous savons déjà faire, mais dans l’audace d’apprendre ce que nous ignorons ? Et si le secret de l’anti-âge cérébral résidait dans un principe puissant que les athlètes connaissent bien, mais que nous appliquons rarement à notre intellect : la surcharge cognitive progressive. Il s’agit de confronter délibérément notre cerveau à des défis légèrement supérieurs à ses capacités actuelles pour le forcer à se réorganiser, à créer de nouvelles connexions et à rester plastique.

Cet article, conçu depuis la perspective des neurosciences, n’est pas une simple liste de loisirs. C’est un guide stratégique pour comprendre les mécanismes qui régissent la santé de votre cerveau. Nous allons explorer, preuves scientifiques à l’appui, pourquoi certaines activités sont de véritables fontaines de jouvence neuronale, tandis que d’autres ne sont que de pâles ersatz. Préparez-vous à déconstruire les mythes et à découvrir comment transformer l’apprentissage en votre plus puissant allié contre le vieillissement cognitif.

Pour vous guider dans cette exploration passionnante, cet article est structuré autour des disciplines les plus efficaces pour mettre votre cerveau au défi. Vous découvrirez comment chaque activité, de la langue étrangère aux jeux vidéo, active des réseaux neuronaux spécifiques et contribue à bâtir votre résilience cérébrale pour les années à venir.

Pourquoi l’apprentissage d’une langue étrangère retarde les symptômes d’Alzheimer de 4 ans ?

L’apprentissage d’une langue étrangère est bien plus qu’un atout pour voyager ; c’est l’un des exercices les plus complets pour le cerveau. Lorsqu’on devient bilingue, même tardivement, on ne se contente pas d’acquérir du vocabulaire. On force son cerveau à gérer deux systèmes linguistiques en parallèle, à inhiber constamment une langue pour en activer une autre. Ce jonglage mental permanent renforce les fonctions exécutives, situées dans le cortex préfrontal, qui sont responsables de la planification, de la prise de décision et de la flexibilité cognitive.

Cette stimulation intense a un effet direct et mesurable sur ce que l’on appelle la réserve cognitive. Imaginez votre cerveau comme une ville avec un réseau routier. Le vieillissement ou une maladie comme Alzheimer peut bloquer certaines routes. Une réserve cognitive élevée signifie que vous avez construit tellement de routes alternatives (connexions neuronales) que même si les axes principaux sont coupés, le trafic (l’information) peut toujours trouver un chemin. C’est précisément ce que fait l’apprentissage d’une langue. Plusieurs études scientifiques confirment qu’être bilingue peut retarder l’apparition des symptômes de la démence de 4 à 5 années en moyenne.

Et qu’on se le dise, il n’est jamais trop tard pour commencer. L’idée que le cerveau perd sa capacité à apprendre est un mythe tenace. La neuroplasticité active, soit la capacité du cerveau à se réorganiser en créant de nouvelles connexions, reste fonctionnelle tout au long de la vie. Il suffit de la provoquer par un effort soutenu.

Étude de cas : la preuve par l’exemple

Une étude menée par l’Institut de neurosciences cognitives de Londres a apporté une preuve éclatante de cette capacité. Des recherches ont révélé que 84% des participants âgés de 65 à 80 ans ont montré une amélioration significative de leurs compétences linguistiques après seulement six mois d’apprentissage structuré. Cette réussite s’explique par le développement de nouvelles stratégies cognitives compensatoires, particulièrement efficaces chez le cerveau mature, qui apprend différemment, mais apprend tout de même.

Pour bien intégrer le potentiel de cette discipline, il est utile de revoir les mécanismes par lesquels le bilinguisme protège le cerveau.

Se lancer dans l’apprentissage d’une nouvelle langue, c’est donc signer un véritable contrat d’assurance pour son avenir cognitif, une démarche proactive pour rester vif et connecté au monde.

Piano ou guitare : quel instrument sollicite le mieux la coordination cerveau-main ?

Si la langue est une gymnastique pour les circuits logiques, la musique est une symphonie pour l’ensemble du cerveau. Apprendre un instrument après 60 ans est une activité d’une richesse neuronale incomparable, car elle combine de multiples dimensions : auditive, visuelle, motrice, cognitive et émotionnelle. Le choix entre le piano et la guitare importe moins que la compréhension de ce qu’ils activent en nous. Les deux instruments sont d’excellents outils pour affûter la coordination entre le cerveau et les mains, un processus qui tend à décliner avec l’âge si on ne l’entretient pas.

Le piano, avec son organisation linéaire et sa logique spatiale claire, sollicite une coordination symétrique et une dissociation des mains très exigeante. La lecture d’une partition demande de traduire simultanément des symboles visuels en mouvements précis des dix doigts, tout en écoutant le résultat pour ajuster le geste en temps réel. La guitare, quant à elle, impose une coordination asymétrique : une main se charge du rythme et de la production du son, tandis que l’autre exécute des positions complexes et précises sur le manche. C’est un dialogue constant entre deux fonctions motrices radicalement différentes.

L’impact de cette pratique est profond et visible à l’échelle neuronale. En effet, une étude universitaire démontre que les seniors pratiquant la musique pendant un an montrent de meilleures connexions entre les régions auditives et motrices du cerveau. Cet entraînement renforce la motricité fine, la vitesse de traitement de l’information et la mémoire de travail.

Comme le suggère cette image, la pratique instrumentale est un ballet neuronal où la pensée se transforme en geste. Chaque note jouée est le fruit d’une chaîne de commandement ultra-rapide allant des yeux au cerveau, puis du cerveau aux doigts. C’est cette sollicitation intense qui préserve non seulement la dextérité manuelle, mais aussi la rapidité et la précision des circuits cérébraux qui la gouvernent. Plus qu’un simple passe-temps, la musique est une thérapie préventive pour l’agilité physique et mentale.

Cette interaction entre le geste et l’esprit est fondamentale. Relire comment la musique sculpte la coordination permet de saisir toute la portée de cette activité.

Finalement, le meilleur instrument n’est pas celui qui est objectivement “meilleur”, mais celui dont la pratique vous apportera suffisamment de plaisir pour persévérer face à la difficulté inhérente à l’apprentissage.

Tablette ou ordinateur : comment l’informatique crée de nouvelles connexions neuronales ?

Se sentir dépassé par le numérique est une expérience commune pour de nombreux seniors. Pourtant, loin d’être une contrainte, l’apprentissage de l’informatique est une opportunité en or pour la stimulation cérébrale. Utiliser une tablette ou un ordinateur revient à apprendre un nouveau langage, avec sa propre grammaire (les menus), son vocabulaire (les icônes) et sa syntaxe (la logique de navigation). Chaque nouvelle application, chaque démarche en ligne est un problème à résoudre qui mobilise la logique, la mémoire et les capacités d’adaptation.

Le défi est de taille, car en France, la fracture numérique reste une réalité. Selon une estimation, près de 13 millions de personnes sont touchées par l’illectronisme, une situation qui concerne particulièrement les plus âgés. Surmonter cet obstacle n’est pas seulement une question d’autonomie pour les démarches administratives ou le contact avec ses proches ; c’est un acte de résistance cognitive. Apprendre à naviguer sur internet, à gérer ses emails ou à utiliser un logiciel de visioconférence force le cerveau à créer des cartes mentales d’environnements entièrement nouveaux. Ce processus active l’hippocampe, région clé pour la mémoire et l’orientation spatiale, et renforce les circuits de la résolution de problèmes.

Le passage du monde physique au monde virtuel impose une gymnastique mentale constante. La logique du “clic”, du “glisser-déposer” ou du “zoom” avec les doigts n’a rien d’intuitif au départ. Elle doit être apprise, mémorisée et automatisée. C’est précisément cet effort d’apprentissage qui génère de nouvelles connexions neuronales, rendant le cerveau plus flexible et plus résilient face aux défis inattendus. Heureusement, des dispositifs existent pour accompagner les seniors dans cette démarche.

Plan d’action pour votre initiation au numérique

  1. Vérifiez votre éligibilité : Le dispositif Pass Numérique est souvent accessible aux seniors de 60 ans et plus, ainsi qu’à d’autres publics. Renseignez-vous sur les critères spécifiques de votre région.
  2. Prenez contact localement : Rapprochez-vous d’une structure de proximité comme votre mairie, le CCAS, une mission locale ou une association partenaire pour faire votre demande.
  3. Obtenez votre carnet : Si vous êtes éligible, vous recevrez un carnet de 5 ou 10 chèques d’une valeur de 10 euros chacun, finançant votre formation.
  4. Trouvez un lieu de formation : Utilisez la cartographie officielle (sur aptic.fr, par exemple) pour identifier un lieu qualifié “Pass Numérique” près de chez vous.
  5. Participez aux ateliers : Choisissez des ateliers adaptés à vos besoins réels : apprendre à communiquer avec vos petits-enfants, sécuriser vos données, faire vos démarches en ligne ou même vous initier à la retouche photo.

Franchir le pas du numérique peut sembler intimidant, mais les ressources existent. Pour vous lancer, il est essentiel de connaître les étapes concrètes pour accéder à une formation adaptée.

Chaque nouvelle compétence numérique acquise n’est pas seulement une ligne de plus sur une liste de savoir-faire ; c’est une nouvelle autoroute neuronale construite dans votre cerveau, le rendant plus robuste et adaptable.

L’erreur de faire toujours les mêmes mots croisés qui ne stimulent plus rien

Les mots croisés, le sudoku et autres jeux de logique sont souvent brandis comme l’étendard de la stimulation cognitive. S’ils sont bénéfiques au début, ils cachent un piège redoutable : l’effet de plateau. Une fois que vous maîtrisez les règles et les stratégies d’un jeu, votre cerveau se met en mode “pilote automatique”. Il exécute des schémas de pensée familiers, efficaces mais peu coûteux en énergie. L’activité devient confortable, relaxante, mais elle ne stimule pratiquement plus la création de nouvelles connexions. Elle entretient l’existant, sans le développer.

C’est ici qu’intervient le concept fondamental de la “surcharge progressive”, emprunté à la préparation physique mais parfaitement applicable au cerveau. Pour qu’un muscle se développe, il faut augmenter progressivement la charge qu’il soulève. Pour le cerveau, c’est identique. Il a besoin d’être confronté à la nouveauté, à la complexité et à l’inconfort pour continuer à tisser son réseau neuronal. Répéter le même type de puzzle chaque jour, c’est comme aller à la salle de sport pour soulever le même poids de 2 kg pendant des années : cela ne produit plus aucun gain.

Le cerveau, comme le muscle, a besoin de ‘surcharge progressive’ pour continuer à se développer. Il faut constamment le surprendre et le mettre en difficulté pour qu’il reste performant.

– Concept de stimulation cognitive progressive, France Alzheimer

La solution n’est pas d’abandonner les jeux, mais de les considérer comme un véritable programme d’entraînement. La clé est la diversification. Il faut varier les plaisirs pour solliciter différentes fonctions cognitives et éviter que le cerveau ne s’endorme dans une routine. L’objectif est de créer un “écosystème de stimulation” riche et varié.

  • Jeux de logique (Sudoku, puzzles numériques) : Ils entraînent le raisonnement déductif et la concentration.
  • Jeux de mémoire (Memory, jeux de paires) : Ils ciblent spécifiquement la mémoire visuelle et spatiale à court terme.
  • Jeux de stratégie (Échecs, Dames, Go) : Ils développent la planification, l’anticipation et la capacité à élaborer des stratégies complexes.
  • Jeux de lettres (Scrabble en club, dictées) : Ils mobilisent le vocabulaire, l’orthographe et les aires du langage de manière plus dynamique que les mots croisés solitaires.
  • Jeux de cartes (Bridge, Tarot) : Ils sont excellents pour la mémoire de travail (se souvenir des cartes jouées) et le calcul mental, avec en prime une forte dimension sociale.
  • Jeux de culture générale (Quiz, Trivial Pursuit) : Ils forcent à aller chercher des informations dans la mémoire à long terme (l’intelligence cristallisée).

Pour ne pas tomber dans le piège de la routine, il est crucial de comprendre pourquoi la diversification des activités est si importante.

En alternant ces différents types de jeux, vous vous assurez de solliciter l’ensemble de vos facultés cognitives, empêchant ainsi votre cerveau de s’installer dans une zone de confort stérile et en le maintenant dans un état d’alerte et de croissance permanentes.

Quand le dépaysement géographique force votre hippocampe à créer de nouveaux neurones ?

Le voyage est souvent associé à la détente, mais du point de vue neurologique, l’exploration d’un lieu inconnu est une activité de haute intensité. Notre cerveau possède une structure fondamentale pour la navigation : l’hippocampe. Agissant comme un véritable GPS interne, il est responsable de la création de cartes mentales, de la mémoire spatiale et de notre capacité à nous orienter. Or, cette région est l’une des rares zones du cerveau adulte où peut se produire la neurogenèse, c’est-à-dire la naissance de nouveaux neurones.

La neurogenèse est le processus par lequel de nouveaux neurones sont produits dans certaines parties du cerveau, même à l’âge adulte, notamment en réponse à des environnements riches et stimulants.

– Recherche en neuroplasticité, Institut Neurosens

Lorsque vous vous promenez dans votre quartier, vous activez des chemins neuronaux bien établis. Votre hippocampe est en mode automatique. Mais lorsque vous arrivez dans une ville inconnue, sans vos repères habituels, tout change. Vous devez activement observer votre environnement, mémoriser des points de repère (une fontaine, une boutique colorée, un clocher), estimer des distances et construire une nouvelle carte mentale à partir de zéro. Cette sollicitation intense et nouvelle est un puissant stimulant pour la neurogenèse hippocampique.

Il n’est pas nécessaire de partir à l’autre bout du monde. Explorer un nouveau quartier de sa propre ville, faire une randonnée sur un sentier inconnu ou même simplement changer son itinéraire pour aller faire ses courses suffit à créer cet effet de “dépaysement cognitif”. L’essentiel est de rompre avec la routine spatiale.

Prendre le temps de se perdre un peu, de consulter une carte papier plutôt que de suivre aveuglément un GPS, est un exercice extraordinairement bénéfique. Cela vous oblige à être pleinement présent à votre environnement, à prendre des décisions d’orientation et à mémoriser activement votre parcours. Chaque nouvelle rue explorée, chaque chemin mémorisé est une victoire pour votre hippocampe, qui se renforce et tisse de nouvelles connexions pour intégrer ces informations spatiales.

Le lien entre exploration et santé cérébrale est direct. Il est fascinant de comprendre comment un simple changement de décor peut générer de nouveaux neurones.

Ainsi, le véritable voyage n’est pas seulement dans les kilomètres parcourus, mais dans la capacité à regarder le monde avec des yeux neufs, forçant notre cerveau à s’adapter et à grandir, quel que soit notre âge.

Comment participer aux activités virtuelles du centre communautaire sans être un geek ?

La technologie peut sembler intimidante, mais elle est devenue un formidable outil de lien social et de stimulation, particulièrement pour les activités communautaires. De plus en plus de mairies, de CCAS ou d’associations proposent des ateliers, des conférences ou des clubs de lecture en ligne via des plateformes comme Zoom. Participer à ces événements n’exige pas d’être un “geek”, mais simplement de suivre quelques étapes simples. L’appréhension est souvent le plus grand obstacle, mais elle se dissipe rapidement après la première connexion réussie.

L’avantage de ces activités virtuelles est double. D’une part, elles permettent de maintenir un lien social fort sans les contraintes de déplacement, ce qui est crucial pour briser l’isolement. D’autre part, elles représentent une forme douce de “surcharge cognitive”. Apprendre à rejoindre une réunion, à activer son micro, à utiliser le chat pour poser une question sont autant de micro-apprentissages qui, mis bout à bout, renforcent la confiance en soi et la familiarité avec l’outil numérique.

Le processus pour rejoindre une réunion en ligne est aujourd’hui standardisé et conçu pour être le plus simple possible. La plupart du temps, il se résume à cliquer sur un lien. Voici les étapes à suivre, qui sont presque toujours les mêmes, quelle que soit la plateforme utilisée :

  1. Recevoir l’invitation : Vous recevrez un lien de réunion par email ou par SMS de la part de l’organisateur (votre centre communautaire, par exemple). Ce lien est généralement de couleur bleue et souligné.
  2. Cliquer sur le lien : Un simple clic sur ce lien suffit. Votre navigateur internet s’ouvrira automatiquement et vous dirigera vers la réunion. Il n’y a souvent rien à installer.
  3. Autoriser caméra et micro : Une petite fenêtre apparaîtra pour vous demander si vous autorisez l’accès à votre caméra et à votre micro. Cliquez sur les boutons “Autoriser” ou “Oui”. C’est indispensable pour que les autres puissent vous voir et vous entendre.
  4. Astuce rassurante : Si vous n’êtes pas à l’aise, vous pouvez à tout moment désactiver votre caméra en cliquant sur l’icône en forme de caméra en bas de l’écran. Personne ne vous verra, mais vous pourrez continuer à voir et entendre les autres.
  5. Rappel important : Personne ne s’attend à une qualité d’image professionnelle. Ne vous souciez pas du cadrage, de la lumière ou de l’arrière-plan. L’essentiel est votre participation et votre présence.

La simplicité du processus est souvent sous-estimée. Pour vous en convaincre, n’hésitez pas à relire le guide de connexion étape par étape.

Oser franchir ce petit pas technologique, c’est s’ouvrir la porte à un monde d’échanges, d’apprentissages et d’interactions, prouvant que la curiosité et l’envie de participer sont bien plus importantes que la maîtrise technique.

Apprendre une langue ou un instrument : quel défi stimule le plus la confiance en soi ?

La question de savoir quelle activité est “la meilleure” est fréquente, mais elle est peut-être mal posée. D’un point de vue purement cognitif, la langue et la musique sollicitent des réseaux neuronaux en partie différents mais tout aussi complexes. La langue renforce la mémoire sémantique et les fonctions exécutives, tandis que la musique excelle dans la coordination sensori-motrice et le traitement temporel. Les deux sont d’excellents candidats pour la stimulation cérébrale. Cependant, lorsqu’on s’intéresse à la confiance en soi, un autre facteur entre en jeu, bien plus puissant que les spécificités de l’activité : la motivation intrinsèque.

La confiance en soi ne naît pas de la facilité, mais du dépassement d’une difficulté que l’on pensait insurmontable. Que ce soit de réussir à tenir sa première conversation simple dans une autre langue ou de jouer son premier morceau fluide au piano, la satisfaction ressentie est immense. Ce sentiment de compétence et de maîtrise est un puissant moteur psychologique. Il prouve, à soi-même avant tout, que nos capacités d’apprentissage sont intactes et que nous sommes toujours capables de progresser.

Par conséquent, le défi qui stimulera le plus votre confiance en soi est celui qui vous passionne le plus. Si vous avez toujours rêvé de jouer du jazz, l’effort requis pour apprendre le piano vous semblera plus gratifiant que celui, peut-être équivalent, d’apprendre l’italien. Inversement, si vous êtes passionné par la culture hispanique, chaque nouveau mot espagnol appris sera une source de joie qui nourrira votre persévérance.

L’essentiel est de pratiquer une activité qui passionne et que l’on va faire avec intensité et sur le long terme. C’est ainsi que l’on développe sa capacité cérébrale.

– Damien Marie, Université de Genève

Le choix de l’activité est donc profondément personnel. Pour faire le bon, il faut se concentrer sur le moteur principal de la réussite : la passion.

Le meilleur investissement pour votre cerveau et votre moral n’est pas l’activité la plus “performante” sur le papier, mais celle qui allumera en vous une étincelle, celle qui vous donnera envie de vous lever le matin pour pratiquer. C’est cet engagement durable qui garantira la “surcharge cognitive progressive” et, avec elle, des bénéfices profonds et durables pour votre bien-être global.

À retenir

  • Le secret de l’anti-âge cérébral n’est pas la répétition mais le défi constant. La nouveauté et l’effort sont les ingrédients actifs qui stimulent la plasticité neuronale.
  • Votre cerveau peut créer de nouveaux neurones à tout âge, un processus appelé neurogenèse. Des activités comme l’exploration de lieux inconnus le stimulent directement.
  • La meilleure stratégie est de construire un “écosystème de stimulation” en variant les plaisirs : combinez des activités logiques (langue), motrices (instrument) et spatiales (voyage) pour un entraînement complet.

Jeux vidéo ou Bridge : quelle activité protège vraiment votre réserve cognitive ?

Le débat entre les jeux traditionnels et les jeux vidéo pour la santé cognitive est souvent caricatural. Le Bridge, avec sa complexité stratégique et sa forte composante sociale, est un excellent exercice pour la mémoire de travail et le raisonnement déductif. Cependant, les jeux vidéo de stratégie modernes offrent un type de stimulation différent, souvent plus dynamique et adaptatif, qui s’avère être un outil de “surcharge cognitive” exceptionnel.

Des études ont mis en évidence que certains jeux vidéo d’action ou de stratégie sont plus efficaces que les mots croisés pour améliorer certaines fonctions cognitives chez les seniors, notamment la capacité à gérer plusieurs tâches simultanément et à filtrer les distractions. Pourquoi ? Parce qu’ils exigent une prise de décision rapide, une adaptation constante à un environnement qui change en temps réel et une coordination œil-main très précise. Le cerveau est maintenu dans un état d’alerte et de flexibilité permanent.

Plutôt que d’opposer ces deux mondes, il est plus utile de les comparer sur la base des fonctions cognitives qu’ils sollicitent. Le tableau suivant met en lumière leurs forces respectives, montrant qu’ils sont plus complémentaires qu’antagonistes.

Bridge vs Jeux vidéo de stratégie : fonctions cognitives sollicitées
Fonction cognitive Bridge (jeu de cartes) Jeux vidéo de stratégie
Mémoire de travail ✓✓✓ Très sollicitée (retenir les cartes jouées) ✓✓ Sollicitée (garder en tête les objectifs)
Logique déductive ✓✓✓ Très sollicitée (déduire les mains adverses) ✓✓ Sollicitée (anticiper les conséquences)
Communication ✓✓✓ Essentielle (annonces avec partenaire) ✓ Limitée (sauf en mode multijoueur)
Adaptation rapide ✓ Modérée (temps de réflexion disponible) ✓✓✓ Très sollicitée (réaction en temps réel)
Coordination œil-main ✓ Minimale (poser des cartes) ✓✓✓ Très sollicitée (manipulation précise)
Lien social ✓✓✓ Fort (clubs, tournois, partenaires) ✓ Variable (selon mode solo ou en ligne)
Nouveauté constante ✓ Modérée (règles fixes, situations variées) ✓✓✓ Forte (nouveaux défis, niveaux, mécaniques)

Le verdict ? Il n’y a pas un seul gagnant. Le Bridge est inégalé pour l’interaction sociale structurée et la logique déductive pure. Les jeux vidéo, eux, sont des champions de l’adaptation rapide et de la gestion multitâche. L’idéal serait d’intégrer les deux dans son “écosystème de stimulation” : le Bridge pour l’entraînement social et la mémoire, et un jeu de stratégie sur tablette pour la flexibilité et la vitesse de réaction.

Pour construire une stratégie de stimulation complète, il est crucial de ne jamais oublier les principes fondamentaux que nous avons vus au début sur la création de réserve cognitive.

La question n’est donc pas de choisir, mais de combiner intelligemment pour offrir à votre cerveau un régime d’entraînement aussi riche et varié que possible, garantissant ainsi une protection optimale de votre réserve cognitive.

Written by Amina Benali, Docteur en Médecine Gériatrique et Neuropsychologue, praticienne hospitalière engagée dans la prévention active du vieillissement pathologique.